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Une nuit avec des sans papiers

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 Article publié le 10-03-2010 par ANTHEAUME Alice

josephsanspapiers


2h27. C'est l’heure à laquelle Koli allume encore une cigarette, histoire de se détendre. C’est à son tour d’occuper le bâtiment d’une entreprise dans le 6e arrondissement de Paris jusqu’au lever du soleil. Avec quelques camarades, tous sans papiers, il va rester debout toute la nuit.

 

Pour Koli, fumer, cela le réchauffe un peu. La cour du bâtiment du 6e arrondissement où ils ont installé leur camp est à ciel ouvert et, au moment de mon passage, il y fait un froid terrible. Il me voit glisser dans la cour et s’avance vers moi pour me serrer la main. « Comment ça va? Comment tu t’appelles? » demande-t-il, apparemment peu surpris par mon passage nocturne. Les autres, assis derrière lui et emmitouflés de manteaux épais et bonnets en laine, ne bougent pas.
 
Koli m’explique qu’il avait quitté son Mali natal pour venir à Paris, où il a trouvé du travail en tant que maçon. Mais l’année dernière, Koli était parmi les 250 sans-papiers, pour la plupart des salariés éparpillés dans diverses petites entreprises, qui se sont mobilisés pour obtenir un titre de séjour.
 
Cela fait trois mois qu’ils occupent les locaux du Fonds d’assurance formation des salariés de l’artisanat du BTP. Cela fait un mois qu’un ordre du Tribunal de grande instance de Paris exige qu’ils soient expulsés. « On est 15 à monter la garde cette nuit », me raconte-t-il, la voix rauque. On sait que les flics peuvent nous expulser à n’importe quel moment. »
 
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